On ne remettra pas en question à quel point l’arrivée d’un bébé est magique. Mais si l’on veut aller jusqu’au bout de la réflexion, il faut bien avouer que la maternité n’a pas que des bons côtés. Nuits trop courtes, responsabilité envers un autre être humain et…allaitement.

Pourquoi faudrait-il allaiter son bébé ?

Tous les médecins sont unanimes : Ce qui est essentiel pour la construction des défenses immunitaires de l’enfant, c’est d’avoir le colostrum ; ce liquide un peu jaune qui précède les premières montées de lait. Le fait d’allaiter crée ensuite un lien avec le bébé qui est mis contre le corps de sa maman. Soit. Mais si l’on tient le bébé contre soi quand on lui donne le biberon, ça marche aussi, non ? Vous m’avez comprise, je remets clairement en question le pourquoi de l’allaitement maternel.

Allaiter peut stresser la maman :

Est-ce que je vais avoir assez de lait ? Est-ce que le bébé va arriver à prendre le téton ? Cela vous semble ridicule ? Pourtant, il est prouvé que l’allaitement peut être une source importante de stress pour la maman, surtout si elle est primipare (si c’est son premier enfant). Après tout, cela fait des siècles que l’on nous serine que c’est le rôle de la mère d’assurer la subsistance de son enfant. De quoi nous mettre sacrément la pression. Surtout quand on sait que le lait est l’unique nourriture du bébé jusqu’à l’âge de la diversification. Or, du lait, en biberon convient très bien au nourrisson.

Allaiter dans les lieux publics, pas question !

Certains trouvent ça adorable et « tellement représentatif de la maternité ». D’autres vont trouver ça dégoûtant, voire obscène. De la vision fantasmée de la femme, de la maternité et de la sexualité va naître une idée, une émotion qui peut ainsi varier d’une personne à l’autre, quel qu’en soit le sexe. Et le problème de l’allaitement, c’est que plus on allaite, plus les montées de lait peuvent se faire fréquentes. Or, il peut être compliqué de sortir de réunion, quand on sent que l’on va mouiller le devant de sa chemise. Dans le genre glamour, on fait mieux. Dans le genre professionnel, aussi. Difficile de regagner en crédibilité en présentant des dossiers sensibles, quand une auréole humide a vu le jour sur notre plus beau chemisier en soie.

L’allaitement : On parle de la douleur ?

Bien sûr, on adore les petits bruits d’aspiration de notre choupinou quand il tête goulûment le lait de maman. Mais même si ces petits bouts de choux n’ont pas de dent, ça fait sacrément mal, quand ils tètent sur des seins gonflés et tendus. Surtout si ce charmant tableau s’accompagne de crevasses. Eh oui, des fissures dans les mamelons, ça tente quelqu’un ? Non, personne, vraiment ?

J’ai peur que cela abîme mes seins :

Oui, la raison peut paraître futile. Mais ce corps, c’est le nôtre. Et on va devoir se le trimballer jusqu’à notre mort. Or, on était assez fière de pouvoir parader à plus de 30 ans en maillot de bain. Imaginer que nos seins vont, avant l’heure, tomber, se transformer en gants de toilette ne nous fait pas envie. A notre chéri non plus, d’ailleurs, curieusement. Lui aussi, il aime bien nous voir parader. Et si on le fait avec un très beau bébé joufflu, ça lui plait aussi. C’est beau, l’amour paternel.

Pour moins culpabiliser, on peut alterner :

La culpabilité. Ce regard quand les personnes viennent vous voir et remarquent avec étonnement « ah, tu ne l’allaites pas ?? ». En une phrase, vous voilà parachutée en mauvaise mère. Si beaucoup de femmes assument pleinement ce choix, d’autres ont du mal à ne pas se « sacrifier » à leur enfant. Pour celles-là, pourquoi ne pas alterner, dans un premier temps pour passer, ensuite à l’alimentation par biberon uniquement. Comme ça, quand les questions fuseront, vous expliquerez cette transition difficile (mais ô combien obligatoire), puisque vous devez reprendre le chemin du travail bientôt. Oui, votre patron est un monstre. Vous allez devoir quitter votre bambino pour traiter des dossiers. Et là, vous redevenez une mère admirable. Cela tient à peu de choses…

Oui, l’allaitement n’est pas une obligation, mais une question de choix. Cela n’a rien à voir avec l’amour que l’on porte à son bébé. Certaines mamans trouveront cela naturel d’allaiter et d’autres ne se reconnaitront pas dans cet acte intime. C’est à chaque mère de faire son choix.